Nouvelles d'Afrique du Sud

Des Oranje trop sanguines

[ 11/07/2010 ]

dejongA l'image de leur parcours dans cette Coupe du Monde 2010, les Pays-Bas ont totalement renié le football offensif qui était leur marque de fabrique durant les années 1970. Visant plus souvent les chevilles de leurs adversaires que les filets d'Iker Casillas, Mark Van Bommel, symbole de ce registre violent, et ses coéquipiers ont été indignes de leur réputation. Il y avait tellement mieux à faire...

 

 

Seconde période la prolongation de cette XIXe finale de la Coupe du monde. Sur la pelouse du Soccer City Stadium de Johannesburg, c'est une authentique performance qu'ont accompli les joueurs de Bert van Marwijk, capables d'échapper à l'expulsion jusqu'à cette 109e minute de jeu, qui voit Johnny Heitinga être sanctionné d'un second carton jaune, synonyme de carton rouge. Six minutes plus tard et Andres Iniesta vient crucifier cette équipe des Pays-Bas (1-0), coupable de s'être trompé de registre au pire moment.

 

Les défaites des Pays-Bas en 1974 et 1978 avaient représenté des crève-coeur pour toute une génération, inconsolable de voir Cruyff et ses coéquipiers tomber dans des conditions discutables par deux fois face aux pays hôtes. En 2010, l'histoire retiendra de ce troisième échec batave en finale de la Coupe du monde l'attitude indigne d'un Mark van Bommel, qui aura outrepassé sa réputation et surtout inspiré toute une équipe, perdant son sang-froid et multipliant les gestes hors de propos. Sans que l'arbitre anglais M. Webb ne sévisse suffisamment tôt pour arriver à cette finale tristement record avec la bagatelle de 14 cartons jaunes et 1 rouge (*).

 

Nombreux étaient les observateurs à avoir prédit avant cette finale l'attentat de Van Bommel sur l'un des artistes espagnols au cours du premier quart d'heure... Bien vu ! A la différence près que le très rugueux milieu de terrain du Bayern Munich sera devancé dans son registre habituel par son coéquipier Robin Van Persie, premier « cartonné » de cette finale pour une agression sur Joan Capdevila dans le premier quart d'heure (14e). Le ton était donné et la Roja pas en reste avec ce tacle par derrière dans la foulée de Carles Puyol sur Arjen Robben, là aussi synonyme de jaune (16e). Mais ce n'était rien comparé à l'attentat annoncé et asséné par un Van Bommel malheureusement exact au rendez-vous pour se lancer à pleine vitesse les deux pieds en avant dans les chevilles d'un Andres Iniesta, pris en aveugle (22e). Les images parlent d'elles-mêmes et on tremble à l'idée de la blessure qu'aurait pu infliger le Batave au Barcelonais...

 

On n'a pourtant encore rien vu. Alors que Sergio Ramos se fait immédiatement justice sur Dirk Kuyt (23e), le jeu offensif néerlandais, confronté au monopole du ballon imposé par les techniciens espagnols, est non seulement mis sous l'éteignoir, mais les joueurs de Van Marwijk perdent leurs nerfs pour de bon sur ce « high-kick » hallucinant de Nigel de Jong sur le torse de Xabi Alonso, stoppé net par ce geste venu d'ailleurs (28e). Comme son compère milieu défensif, le joueur de Manchester City, que doit pourtant bien connaître M. Webb, méritait le rouge, mais n'écope pourtant que d'une simple sanction administrative. L'arbitre anglais est en train de passer à côté de sa finale. La nervosité néerlandaise n'empêche pas le fair-play, dont sait faire preuve Van Persie en choisissant de ne pas jouer ce corner et de rendre le cuir, tout près de lober un peu plus tôt Iker Casillas sur un ballon déjà redonné par les Pays-Bas. Le possible futur Ballon d'or, Wesley Sneijder, lui-même n'échappe pas à ce lamentable travail de sape lorsque juste avant la pause, l'Intériste s'essuie les crampons sur la cuisse de Sergio Busquets (42e). M. Webb a perdu le sens de toute mesure et se contente de sermonner Sneijder...

 

On espérait du spectacle, on se prend à se remémorer le huitième de finale du Mondial 2006 de sinistre mémoire entre les Pays-Bas et le Portugal (0-1), « riche » de seize cartons jaunes et quatre cartons rouges. On n'en est pas là, mais les Néerlandais ont transformé cette finale en combat de rue. La faute d'antijeu du capitaine Giovanni van Bronckhorst à la reprise passerait presque inaperçue (54e). Ce n'est pas le cas de ce nouveau geste en retard, à bonne distance du ballon d'Heitinga sur David Villa. Un cinquième jaune et Van Bommel, parfait dans son costume du méchant de service qui, redonnant le ballon, se signale en trouvant une touche que n'aurait pas renié Jonny Wilkinson à deux mètres du poteau de corner espagnol... Lamentable ! Suffisamment exaspérant en tout cas pour que Xavi refuse la main tendue, faussement sincère, de l'ex-Catalan. Qui ne pourra rien à la 116e minute de jeu, à quelques instants d'une séance de tirs au but toujours aléatoire, sur le but de la victoire signé Andres Iniesta (1-0). Le jeu avait fini par triompher, la morale était sauve.

 

(*) En 1990, la finale entre l'Allemagne et l'Argentine, remportée par la Mannschaft (1-0), avait été certes marquée par 2 cartons rouges, mais seulement par 3 cartons jaunes.

 

Source : sports.orange.fr

1. Assontia  [Douala - Cameroun]
24/11/2010 12:04
Incroyable!