Le Ghana à pas de Gyan
Grâce à une courte victoire sur le Nigeria (1-0), le Ghana a assuré sa place pour la finale de la Coupe d'Afrique des Nations Orange 2010, jeudi après-midi à Luanda. C'est l'attaquant rennais Gyan Asamoah, déjà décisif contre l'Angola, qui a débloqué la situation. Reste maintenant à savoir qui de l'Égypte ou de l'Algérie (match à suivre en direct sur notre site à partir de 20h30) affrontera les "Blacks Stars" pour le titre honorifique de meilleur formation africaine.
Bien mieux qu'une place en finale de la compétition. Encore plus significatif qu'une rivalité régionale. C'était une vraie course pour le mérite qui faisait cavaler le Ghana et le Nigeria ce jeudi après-midi à Luanda. Les deux nations anglophones de l'Afrique sub-saharienne, qualifiées pour le Mondial estival, n'avaient en effet pas convaincu grand monde avant cette demi-finale. Les deux sélectionneurs, Milovan Rajevac et Shaibi Amodu accordaient même leurs djembés au moment d'évoquer le parcours délicat de leurs ouailles dans cette Coupe d'Afrique des Nations.
Le technicien nigérian, qui traîne une drôle d'épée de Damoclès depuis le début de cette compétition, avouait que ces "Super Eagles" n'étaient pas "dans leur meilleure forme" et qu'à défaut d'avoir été bons contre la Zambie, ses protégés avaient joué en équipe. Bien maigre consolation.
Ghanéens et Nigérians nous devaient donc une revanche dans la 47e confrontation de leur histoire, d'autant que les partenaires d'Obi Mikel contenaient encore des relents d'aigreur, vexés par leur élimination précoce de l'édition ghanéenne (2008) par ces mêmes "Black Stars", qui ne demandaient qu'à expulser. Il n'en fut rien. La faute à une grosse fatigue générale qui avait entamé les réserves des deux équipes avant même que le coup d'envoi ait été donné.
La faute aussi à une maladresse technique affligeante que seul Gyan Asamoah vint corrompre, à de rares reprises, pour apporter un vent de fraîcheur bienvenu. D'ailleurs, au bout d'un quart d'heure de jeu, il ne fallait pas jouir de dons surnaturels pour comprendre que cette rencontre ne ferait pas date, gâchée par le faux-rythme imposé par les champions olympiques 1996.
Un air de papy-boom
Et encore, heureusement qu'Asamoah, comme contre l'Angola au tour précédent, eut la bonne idée d'ouvrir le score pour le Ghana d'une tête décroisée, (1-0, 21e), car on aurait soupçonné certains ronflements malvenus du côté des observateurs postés dans les tribunes du stade 11-Novembre. Même Neil Armstrong, au moment d'effectuer ses premiers pas sur la lune en 1969 allait plus vite qu'Obafemi Martins sur la pelouse angolaise.
Comble de bonheur, Asamoah aurait déjà pu tuer le match dans la foulée de son but si son enchainement contrôle-lob avait trouvé le cadre d'un Vincent Enyeama bien trop avancé (25e). Et lorsque deux joueurs ghanéens testaient les civières locales, Martins puis Peter Odemwingie préféraient trouver les gants chauds de Richard Kingson ou les pancartes publicitaires (27e, 31e, 35e) plutôt que de profiter de cet instant de flottaison.
Bis-repetita dans le second acte au cours duquel les "Baby Black Stars", tous juste couronnés à l'échelle planétaire lors du Mondial des moins de 20 ans, contiennent les timides assauts nigérians avec une dose d'expérience insoupçonnée. Lancé par Obi Mikel, Martins a une occasion en or au bout de ses crampons mais Kingson jaillit parfaitement devant l'attaquant de Wolfsburg (60e). Tout juste entré en jeu, Yakubu Ayegbeni rate également l'immanquable alors que l'avant-centre se trouvait seul à cinq mètres des buts (73e).
La pression s'accentue devant le portier ghanéen sans que pour autant un homme vert ne trouve le chemin des filets. La nation d'Abedi Pelé tient donc sa finale jusqu'au bout, elle qui courait après un tel honneur depuis 1992. Il faudra, pour soulever la coupe dimanche à Luanda, montrer plus de consistance au milieu de terrain et surtout panser les plaies d'un groupe déjà éreinté par tous ces combats.
Source : sports.orange.fr













