L'Égypte, comme d'habitude...
Il aura fallu attendre la séance des prolongations, lundi à Benguela, pour voir l'Égypte décrocher son billet pour les demi-finales de la Coupe d'Afrique des Nations Orange 2010, aux dépends d'une vaillante mais maladroite formation camerounaise (3-1). A égalité avec son rival au terme du temps règlementaire, les double tenants du titre ont profité d'une erreur de Geremi puis du laxisme de l'arbitrage pour aller défier l'Algérie dans le dernier carré.
La loi du plus fort pourrait désormais se conjuguer à l'africaine dans ces termes : "le football est un sport qui se joue à onze contre onze, mais à la fin c'est toujours l'Égypte qui gagne"... Les Lions Indomptables souhaitaient pervertir ce proverbe mais ont à nouveau sombré devant leur bête noire, lundi. Celle qui les avait déjà tant traumatisé un après-midi d'octobre 2005, au moment où les Camerounais avaient plié leurs bagages pour la Coupe du Monde en Allemagne avant de les brûler définitivement (*). Celle qui les avait à nouveau griffé à Accra en 2008 au terme d'une finale dantesque qui avait finalement tourné à l'avantage des Pharaons (1-0). Des cicatrices pas vraiment refermées au vu des déclarations d'avant-match du capitaine Samuel Eto'o, bête encore et toujours blessée : "Ça fait un certain temps qu'ils nous humilient. C'est possible que demain l'Égypte nous gagne, mais avant de nous gagner, ils vont souffrir. Je vous le répète, le match de demain n'est pas un simple match... nous allons même s'il le faut, le jouer avec le sang..." Du sang il y en a eu dans cette lutte de tous les instants, des larmes aussi... Car les partenaires du nouvel intériste ont à nouveau perdu leur combat face aux Égyptiens, toujours aussi imperturbables dès qu'il s'agit de régner en maître sur le continent africain.
Pourtant, les Camerounais ont démarré la rencontre du bon pied, celui d'Achille Emana. Le meneur de jeu du Betis Seville, dans tous les bons coups, fait apprécier sa belle patte droite en donnant d'excellents ballons à ses attaquants durant les premières minutes de cette rencontre déjà tendue. Ses ouvertures millimétrées trouvent notamment l'excellent jeu en déviation de Mohamadou Idrissou, qui pose moult soucis à la défense égyptienne, pas habituée à la présence d'un tel poids dans son périmètre. Du coup, les Lions de Paul Le Guen obtiennent de nombreux corners et forcent les Pharaons à s'arc-bouter devant leur surface. Cet enchaînement de coups de pieds arrêtés va amener l'ouverture du score puisque sur sa quatrième tentative, Emana voit sa persévérance faire mouche. Son ballon brossé surprend cette fois-ci Ahmed Hassan, dont la tête renversée au premier poteau trompe Essam El-Hadary et libère les Rouge et Vert (1-0, 26e). Une réalisation méritée mais qui va entraîner la réaction immédiate du recordman des titres continentaux. Il va en effet falloir attendre cette réalisation malencontreuse pour voir les double tenants du titre se réveiller, une première fois par l'intermédiaire de Mohammed Zidan, un poil gourmand dans son face à face devant Carlos Kameni (28e).
Le cauchemar de Kameni
Et comme face au Nigeria, lors de son entrée en lice dans cette Coupe d'Afrique des Nations (3-1), les hommes d'Hassan Shehata vont renverser la situation et combler ce retard d'un but. Sur une relance ratée d'Aurélien Chedjou, le malheureux métronome Hassan s'avance et arme une lourde frappe du droit dès 30 mètres, dont la trajectoire trompe le portier des Camerounais Kameni (1-1, 38e). Une manière pour le capitaine égyptien de garder un meilleur souvenir de sa 170e sélection sous le maillot rouge. Pour le dernier rempart, clairement fautif sur cette égalisation, nul doute que les critiques sur son état de forme vont redoubler et ainsi ricocher sur son sélectionneur Paul Le Guen, qui lui "accordait toute sa confiance" la veille de cette confrontation. Kameni aura toutefois l'orgueil de se rattraper après la pause en remportant, en moins de deux minutes, ses face à face devant Emad Motaeb puis Mohamed Zidan (48e et 49e). Deux occasions concédées par le Lillois Chedjou, à nouveau responsable de cette frappe de Zidan, bien boxée en corner par le portier de l'Espanyol Barcelone (50e).
A force d'attaquer avec vigueur les buts camerounais, les Pharaons perdent le fil de leurs fondations et commencent à se découvrir. Georges Mandjeck est à quelques centimètres d'en profiter si son tir avait touché le bon côté des filet égyptiens (56e). La première tentative d'une longue série puisque Eyong Enoh et Achile Emana prennent ensuite le relais de leur milieu droit, sans plus de réussite, avant que le maître Eto'o, en personne, ne trouve également que les gants d'El-Hadary (59e, 62e, 77e). Privés exceptionnellement du ballon, les Égyptiens se heurtent à la domination du quadruple vainqueur de l'épreuve, qui souhaite à tout prix éviter la séance des prolongations. Son voeu ne sera pas exaucé même si cela aurait pu être bien pire si Motaeb, en fin de match, avait cadré sa reprise de volée du gauche sur une merveille de centre d'Hassan (88e). Et alors que les occasions se multiplient devant le but des Pharaons, Mohamed Naguy, alias Gedo, crucifie les espoirs camerounais en interceptant une passe en retrait plus qu'hasardeuse de Geremi Njitap, pour placer un pointu gagnant (2-1, 92e). Une erreur terrible de l'expérimenté latéral droit qui vaut très cher !
Rien, pourtant à côté de la bévue de l'arbitre de la rencontre, qui croit bon de voir rentrer un coup-franc puissant d'Hassan, alors que le cuir n'avait en aucun cas franchi la ligne d'en-but(3-1, 100e). Là-aussi, Kameni n'est pas irréprochable, tout le symbole de cette formation camerounaise courageuse, volontaire mais terriblement maladroite dans les deux surfaces de vérité. L'expulsion logique de Chedjou en fin de match viendra clôturer les errements de la troupe de Paul Le Guen (112e). Face au sang froid du carnassier qu'est devenu l'Égypte, les Lions Indomptables sont en effet apparus comme une proie trop facile à gober. Peut-être pas le cas des Fennecs, prochains adversaires de l'Égypte dans une demi-finale qui sent déjà le souffre...
(*) En concédant le match nul contre l'Egypte (1-1), avec un penalty raté à la dernière minute par Pierre Wome, le Cameroun avait laissé passer sa chance de diputer la Coupe du Monde.
Source : sports.orange.fr













