L'Angola emmène l'Algérie en quart

Auteurs d'un match nul et vierge, lundi à Luanda (0-0), l'Algérie et l'Angola ont néanmoins décroché leur sésame pour les quarts de finale de la Coupe d'Afrique des Nations Orange 2010. Car dans le même temps à Cabinda, le Mali a triomphé de l' équipe du Malawi (3-1) pour finalement échouer avec le même nombre de points que les Fennecs mais avec une confrontation directe en leur défaveur.

A comme Angola et Algérie. A également comme autorisation pour disputer les quarts de finale dans un groupe qui porte la même lettre que ses deux qualifiés. Un signe du destin que les deux sélections auraient pu forcés en se mettant d'accord pour partager les points dans une confrontation qui aurait alors agité les plumes. Mis au courant par les deux réalisations rapides du Mali devant le Malawi, Palencas Negras et Fennecs n'avaient qu'à obtenir un petit point pour passer cette phase de poules et ainsi éliminer leurs deux autres rivaux. Et si finalement, les deux protagonistes se sont bien quittés sur un score nul et vierge à Luanda (0-0), la fierté des délégations africaines n'est en aucun cas remise en cause tant les portiers du jour n'ont cessé d'éteindre les étincelles allumées par des attaquants en feu. Une mentalité offensive tout à l'honneur, notamment, de la formation algérienne qui avait condamné cette pratique consternante lorsque l'Allemagne et l'Autriche s'étaient arrangées pour éliminer les valeureux maghrébins de la Coupe du Monde 1982. Depuis, ce "match de la honte", les organisateurs d'événements sportifs avaient d'ailleurs décidé de faire disputer toutes les dernières rencontres du premier tour à la même heure. Preuve aujourd'hui encore que toutes les décisions administratives ne sont rien sans le terrain et ses vérités.

D'ailleurs, les calculs stratégiques sont vite rangés aux oubliettes dans une rencontre démarrée tambours battants. Si les Angolais se ruent devant les montants de Fawzi Chaouchi avec plusieurs ballons dangereux à la clé, c'est bien l'Algérie et son défenseur central Madgid Bougherra qui détiennent l'occasion de cette première période. Le costaud des Rangers reprend à bout portant un coup-franc excentré de Nadir Belhadj, mais trouve un très bon Carlos Fernandes sur son chemin (20e). Abdelkader Ghezzal n'est pas plus inspiré dans son face à face quelques instants plus tard et rate une nouvelle opportunité (25e) de libérer les siens. C'est le moment choisi pour les Palencas Negras, toujours aussi redoutables en contre, d'entamer un pressing plus agressif sur les "guerriers du Sahara". Une option tactique payante. Jose Mabina voit d'abord son coup-franc lointain dévié en corner par un Chaouchi aérien (26e)avant que Manucho, d'une puissante frappe en pivot, fasse briller à nouveau le héros de Khartoum (31e). Le danger se rapproche et surgit de tous les côtés. Sur un excellent travail préparatoire de Nsidal Zé Kalanga, Djalma Campos se précipite un poil trop vite pour reprendre l'offrande et bute à nouveau sur Chaouchi, revanchard après une entrée en lice ratée (43e).

 

Le Mali, dindon de la farce

On pense alors que les coaches profitent de la pause pour avertir leurs ouailles que le Mali atomise simultanément une équipe du Malawi dépassée et qu'un simple match nul suffirait à leurs bonheurs. D'autant que les tribunes du Stade 11 novembre grondent étonnement lorsqu'un des leurs se lancent dans des raids un peu trop dangereux. Pourtant, que ce soit Karim Matmour, trop court sur un centre de Hamer Bouazza (48e) côté algérien, ou Zé Kalanga, qui ne trouve que le petit filet (55e), pour les locaux, personne n'écoute les caprices de supporters tendus. Une tension que la réduction du score des Flames face aux partenaires de Seydou Keita ne fera qu'accentuer. L'enjeu d'un quart de finale dans sa capitale tient en effet beaucoup aux Antilopes, qui continuent à priver les Algériens du ballon et à prendre d'assaut la surface adverse. Les occasions deviennent néanmoins moins franches, les redoublements de passes plus nombreux en fin de match. Une tactique néanmoins risquée puisqu'une égalisation malawienne serait synonyme de retour à la maison pour les Fennecs. Au final et sans vraiment trembler, les deux sélectionneurs Manuel Jose et Rabah Saadane peuvent se congratuler, le public exulter, après ce coup de sifflet final synonyme de délivrance et de soulagement. Toutes les deux verront donc les quarts de finale, tout en pérennisant leur fierté.

Le Mali, malgré son large succès sur le Malawi (3-1), est donc le grand perdant de cette double confrontation décisive et pourra regretter l'individualisme persistant qui anime depuis bien longtemps le projet de jeu des Aigles. Des Aigles qui s'en sont d'ailleurs remis à leurs deux vedettes, lundi à Cabinda, Frédéric Kanouté et Seydou Keita. L'attaquant sévillan est le premier à se mettre en évidence en reprenant de volée dans le but vide un dégagement hasardeux du dernier rempart des Flames, Swadick Sanudi (1e). Une nouvelle bourde d'un gardien qui viendra compléter un bêtisier CAN 2010 déjà bien rempli. Sanudi ne peut rien en revanche sur un missile du milieu barcelonnais quelques secondes plus tard (3e). Le coup-franc de Keita frappé dès 34 mètres trouve en effet la lucarne droite défendue par la sélection de Kinnah Phiri. En cinq minutes, le match est plié et tous les regards tournés vers Luanda où un but, d'un côté comme de l'autre, peut délivrer l'ancienne colonie française. Et lorsque Russel Mwafulirwa inscrit sa deuxième réalisation de la compétition, redonnant un peu d'espoir au Malawi, les Maliens ne tremblent pas et clôturent la marque par l'intermédiaire de Mamadou Bagayoko. L'attaquant niçois, maladroit jusque là, trompe une dernière fois Sanudi de la tête (85e), sur un service parfait de Modibo Maïga. Un but pour rien...

 

Source : sports.orange.fr